L’entrepreneuriat en France se modernise depuis quelques années et le nombre de Business Angels actifs ne cesse de croître. En parallèle, le nombre de sociétés en recherche de fonds explose aussi !

Cet article a pour but de présenter cette évolution et de vous présenter la philosophie que nous défendons chez Tribes Invest & Tribes BA.

I) Qu’est-ce qu’un Business Angel ?

Un Business Angel (BA) est une personne physique qui investit son argent dans des business en développement, notamment des start-ups. Les BAs interviennent principalement sur des tours de pre-seed ou de seed (« amorçage ») via des tickets de quelques milliers à plusieurs centaines de milliers d’euros.

Au-delà de l’aspect financier, ils jouent un rôle clé dans l’écosystème start-ups, en apportant aussi leur expérience et leur réseau. On parle alors de « smart-money ».

Il existe en réalité 3 types de Business Angels.

1. Les BAs historiques de l’écosystème

Quand on pense Business Angels, on pense souvent aux grands noms de l’entrepreneuriat français : Pierre-Edouard Stérin (Smartbox et Otium Capital), Michaël Benabou (Veepee), Thibaud Elzière (e-fouders), Bruno Rousset (Evolem) ou encore Dominique Romano (Guibor).

Ce sont les entrepreneurs les plus actifs financièrement (liste complète ici), qui investissent plusieurs millions par an dans l’écosystème, sur des tickets entre 250k€ et 500k€ pour la grande majorité. Ils arrivent donc principalement sur des tours de Seed de sociétés déjà valorisées plusieurs millions ou dizaines de millions d’euros. Certains comme Xavier Niel ont cependant lancé des fonds plus early stage comme Kima Ventures par exemple.

Ce sont pour la majorité des BAs aguerris (moyenne d’âge 50 ans) qui disposent de process rodés et souvent de leur propre structure d’investissement.

2. Les investisseurs traditionnels

Arrivent ensuite des investisseurs qui ne viennent pas de l’écosystème start-up mais souhaitent tout de même diversifier leurs investissements.

Ce sont souvent des consultants, des banquiers ou des avocats qui ont fait fortune durant leur carrière. Ce sont aussi parfois des héritiers ou des fondateurs d’ETI qui se lancent dans des investissements plus risqués en se tournant vers les start-ups.

Leur logique est principalement financière et leurs tickets varient énormément de quelques dizaines à plusieurs centaines de milliers d’euros.

3. Les entrepreneurs

Sur les dernières années, un troisième type de BA semble émerger : une nouvelle génération d’entrepreneurs !

Ce sont souvent des fondateurs de start-ups qui ont cash-out une partie de leurs parts en secondaire lors de levées de fonds ou bien qui ont tout bonnement revendu leur société. Ils sont souvent encore en poste et investissent principalement sur des tickets de quelques dizaine de milliers d’euros, voire plusieurs centaines pour les plus aguerris.

Pour bien comprendre l’émergence de cette vague d’investisseurs, je vous conseille la lecture de ce super article d’Alexandre Dewez d’Eurazeo : A First Take on French Startup Mafias

Parmi ces investisseurs, on pourra citer dans les plus jeunes Josef Bovet (Tiller), Bénédicte de Raphélis Soisson (Clustree), Damien Morin (Mobile Club) ou encore Thomas Rebaud (Meero).

II) Quel rôle pour les Business Angels ?

Impact limité ou nouvelle dynamique ?

En juin 2020, les Echos Start dressait un tableau assez décevant de l’activité des BAs Français : les Business Angels Français en manque d’oxygène.

Se basant sur les chiffres de France Angels, une association regroupant 5500 BAs français, les Echos évoquent une certaine stabilité des investissements BAs entre 2010 et 2019. Ainsi, avec 43 millions, le volume de transactions né décolle pas, et ce malgré les levées de fonds record…

Mais la réalité est surtout un manque de données chiffrées sur cet écosystème. La grande majorité des BAs tech n’étant pas associés à France Angels, une association créée en 1984 plus focalisée sur les ETIs et PME.

En Janvier 2021, les Echos titraient ainsi « Jeunes business angels, la nouvelle armée de la French tech » en s’appuyant sur le baromètre des 10 jeunes BA les plus actifs en 2020 publié par Angelsquare.

Deux messages contradictoires à quelques mois d’intervalle, qui montrent bien que la notion de Business Angels évolue et que les BAs de demain n’ont rien à voir avec ceux d’hier.

La plus-value n’est pas dans l’argent

« Business angel : la plus-value est dans l’accompagnement, pas dans l’argent » titrait les Echos en février 2021 ! Une vérité de plus en plus acceptée alors que l’exécution (bien plus que l’idée) devient le facteur clé du succès d’un projet entrepreneurial.

Les Business Angels deviennent alors des « Advisors » et apportent leur expérience à des équipes fondatrices souvent très jeunes.

Selon Thibaud Elzière, fondateur du Start-up Studio e-founders, « Un bon BA, c’est quelqu’un qui n’est pas partie prenante de la société au niveau opérationnel mais qui est toujours à disposition des fondateurs pour répondre à leurs petits problèmes du quotidien ou à leurs grands problèmes stratégiques (choix des bons investisseurs, valorisation, levées de fonds…) et ce, tout au long de la vie de la boite ».

Les Business Angels apportent aussi une certaine crédibilité qui rassure ensuite les fonds de VCs et peut avoir un impact sur la valorisation – comme je l’explique dans cet article Tribes sur les méthodes de valorisation des start-ups.

Finalement, la notion même de Business Angels est peu à peu remplacée par celle d’Operator Angels.

Pour plus d’informations sur ce sujet, je vous conseille cet excellent article de Folk : Here is why we chose to raise $3,3M with a group of operator angels (and why we think you should do the same).

III) Quelles évolutions pour l’écosystème BAs ?

A chacun son rôle

Le financement des start-ups & scale-ups est en constante évolution et se réinvente continuellement. Si les clubs d’investisseurs comme Investessor existaient déjà avant les années 2000, leur place dans l’écosystème a cependant beaucoup évolué.

Par ailleurs, la multitude des acteurs en présence rend complexe la compréhension des rôles de chacun : leveurs, fonds de VCs, BAs, start-ups Studio, Incubateurs, plateforme de financement…

Pourtant, si l’on prend du recul, on observe que chaque acteur apporte de la valeur à des stades différents de la vie d’un projet entrepreneurial. Le crowdfunding se limite souvent au lancement, quand les BAs interviennent plus à des phases de Seeds ou série A et les fonds de VCs en séries A, B ou C.

Du Crowfunding au SPV

Au début des années 2010, c’est l’âge d’or du crowdfunding. Kickstarter créé en avril 2009 aux Etats-Unis trouve rapidement ses équivalents français : WiSeed et Kisskissbankbank (2009) puis Ulule (2010). Des projets de crowdfunding à impact émergent un peu plus tard comme Lita (ex 1001pact) en 2015 ou Lendopolis dans les énergies renouvelables en 2014.

Adapté à la première phase de l’entrepreneuriat, le crowdfunding trouve cependant ses limites lorsqu’il s’agit de lever des centaines de milliers voir des millions d’euros.

Dès 2012, de nouveaux projets voient le jour comme Anaxago ou SmartAngel. Ces nouvelles structures permettent à des Business Angels de se regrouper sous la forme de fonds. SoWeFund fondé en 2013 absorbe ainsi SmartAngel et propose aux BAs de « mutualiser leurs risques et diversifier leur portefeuille ». Comptant 86 290 membres à ce jour, SoWefund a investi dans 60 start-ups pour près de 50M€ – on parle donc d’un ticket moyen de 600€ / BA.

Au fil des années, de plus en plus de Business Angels se regroupent dans des « véhicules d’investissement » aussi appelé Special Purpose Vehicle (SPV).

Ces structures permettent d’augmenter la taille du ticket tout en n’ayant qu’une seule ligne sur la table de capitalisation de la société cible. L’entité SAS est donc créée spécifiquement pour réaliser un ou plusieurs investissements.

Un besoin de Strategic Advisors

Dès 2015, il ne fait plus aucun doute que l’impact des BAs n’est pas uniquement financier. Ainsi, un des facteur de succès de jeunes start-ups tient à l’accompagnement et au mentoring d’autres entrepreneurs plus expérimentés.

Le métier de BAs / VCs se professionnalise, surtout dans la tech et les investisseurs particuliers cherchent alors à répondre à deux problématiques majeurs :

  • Sourcing : Comment s’assurer des opportunités d’investissement / un dealflow de qualité ?
  • Dealflow Management : Comment gérer ces opportunités et les suivre dans le temps ?

Un écosystème qui se structure

Face aux enjeux du sourcing et de gestion des opportunités d’investissements, différents projets voient le jour entre 2016 et 2018.

Angelsquare créé en 2016 par Charles Degand ou encore Super Capital créé en 2017 par Corentin Orsini proposent à des BAs, Family Office, ou fonds d’investissement un dealflow qualifié. Chaque mois, quelques 200 à 300 start-ups candidatent pour faire partie des 2 à 10 projets sélectionnés. Ces projets seront ensuite proposés aux membres de la communauté Angelsquare ou Super Capital via une plateforme ou une newsletter !

Pour les investisseurs, la newsletter Super Capital est gratuite. En moyenne, les start-ups sélectionnés obtiennent une quinzaine de mises en relation, pour des levées entre 200k€ et 2M€. Super Capital se rémunère alors via une commission sur les fonds levés.

Sur des concepts similaires, on pourra citer On Deck ou encore First Round.

Sur un autre modèle, Eldorado, créé en 2017 propose une plateforme qui optimise le dealflow des investisseurs en leur transmettant des opportunités en fonction de leurs critères d’investissement. En partenariat avec les Pépites Tech, Eldorado source des dossiers qualifiés à destination des BAs du réseau. Sous la forme d’un SaaS en freemium, Eldorado facture les start-ups à hauteur de 45€/mois pour leur permettre de trouver des financements publics et privés.

L’écosystème Shapr, fondé en 2015 par Ludovic Huraux, fondateur d’Attractiv World, propose une vision un peu différente et distingue Investissement Financier et Accompagnement Stratégique. Via Shapr Founders, les start-ups peuvent ainsi bénéficier de l’expérience d’entrepreneurs ou « Strategic Advisor », contre 1,5% de leur capital. En parallèle, le fond de VC Shapr Venture place des tickets de 400k€ à 1M€ dans différents projets.

IV) Le projet Tribes Invest

Nous avons lancé Follow Tribes avec Savinien et Gregory il y a maintenant un an et demi. L’objectif était d’apporter notre aide à tous les entrepreneurs et C-level en scale-up sur des sujets opérationnels.

Les résultats ont dépassé nos espérances :

  • près d’un demi-million de visites sur le site en 2021
  • plus de 10 000 inscrits à notre newsletter
  • une communauté ultra-engagée

Nous en avons profité pour créer ou nous associer à de nouveaux espaces de partage et d’échanges sur Slack comme SDR Tribes ou Business Operations Network (voir toutes les communautés Slack par métier).

Tribes BAs, un espace d’échanges d’opportunités

Pour continuer dans cette lancée nous avons créé il y’a quelques mois Tribes BAs, une communauté Slack de BAs français, entrepreneurs (actuellement ou par le passé). Tous ces BAs cherchent à investir dans des jeunes pépites en seed ou pre-seed sur des tickets de 10 à 50k€ en moyenne.

L’objectif est de partager des opportunités d’investissements sur des channels Slack dédiées et d’échanger des conseils et bonnes pratiques. Pour faire partie du Slack il faut avoir au minimum 100k€ à investir par an. Il n’y a aucune entité juridique ni structure d’investissement associée à ce Slack.

Les 70 membres du Slack sont pour la grande majorité encore en poste et cherche à faire du ré-emploi sur des cash-out lors de levées ou de revente de leur société. La moyenne d’âge est autour de 30 / 35 ans et le Slack compte de nombreux fondateurs / C-level de scale-ups reconnues (Manomano, Aircall, Oversea, Tiller, Kard, etc…).

Si vous souhaitez nous rejoindre et que vous remplissez les critères d’entrée, n’hésitez pas à nous écrire (julien@followtribes.io)

Tribes Invest, un club spécialisé en SaaS B2B

Pour aller plus loin que Tribes BAs, nous avons décidé de créer Tribes Invest.

Tribes Invest est un réseau d’une quinzaine d’entrepreneurs et investisseurs passionnés de SaaS B2B. Les 6 sociétés que nous avons créées ont toutes dépassé les 10M€ d’ARR : Lemlist, Partoo, Skello, Movone, Tiller et Hyvency.

Sur les 3 prochaines années, nous prévoyons d’investir 20M€ en Seed et pre-Seed dans des SaaS B2B.

Pour en savoir plus sur ce projet, c’est par ici.

Si vous êtes développeur et que vous maîtrisez le Solidity, ou si vous souhaitez apprendre ce langage de développement de Smart Contracts via un projet concret à fort potentiel, n’hésitez pas à me contacter.



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